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Grandeurs Cosmologiques. Est-ce une hypertrophie de l’instinct de territorialité que de cartographier ainsi le monde ? L’analogie du connu (Terra Cognita) et de l’inconnu (Terra Incognita) n’est pas récente. Nous pensons en terme de territoire : on parle de l’étendue de nos connaissances, lesquelles n’ont de limite que l’horizon du savoir. L’entièreté de la surface planétaire est aujourd’hui connue : les déserts mêmes sont présents dans les cartothèques du monde. Et si certains abysses n’ont pas encore été sondés « en profondeur », il demeure que cette bonne vieille Terre est territorialement bien des géographes. Pour connaître l’orée de la Terra Incognita actuelle, il faut se rendre dans les vastitudes cosmologiques. Cette image insolite est une modélisation par ordinateur de notre univers local. Ce résultat correspond approximativement aux observations menées depuis une quarantaine d’années. Les agrégats, les filaments et les cavités qui figurent sur cette simulation représentent des concentrations ou des vacuités effectivement mises au jour par les grands recensements galactiques. Les régions plus denses sont des groupes ou des amas de galaxies. Le groupe auquel nous appartenons en tant qu’habitants de la Voie Lactée se trouve au centre de la simulation. Il fut joliment nommé Groupe Local. Par ailleurs, cette image présente ce qui se trouve dans notre voisinage à près de 700 millions d’années-lumière à la ronde : le fameux Grand Attracteur, le Mur de Cetus, les imposants superamas Perseux-Pisces, Hercules-Centaurus, Pavo-Indus, Coma et, ce qui nous concerne un peu plus, le nôtre, Virgo, un peu vers la gauche. Parmi toutes ces intrications, notre minuscule planète et l’étoile Soleil sont infinitésimales : il y a en fait près de cinq cent millions de milliards d’étoiles dans cette visualisation ! Pour réaliser une telle carte cosmographique, les superordinateurs de l’Institut Max-Planck à Garching ont dû calculer la distribution de 73 000 000 de particules. Le centre de la carte possède une meilleure résolution en raison de la meilleure connaissance que nous avons de ces régions spatialement proximales et relativement contemporaine dans le temps. |
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Dernière mise à jour 17-12-02 :: Félix Pharand-Deschênes |